Premier décret présidentiel de Trump : « Libérer l’énergie américaine »

Ce décret marque le ton de la politique énergétique de Trump, axée sur une expansion massive des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) au détriment des priorités climatiques de son prédécesseur, Joe Biden.

Après sa victoire à l’élection présidentielle de novembre 2024, Trump entre en fonction le 20 janvier 2025. Il avait promis pendant sa campagne un slogan pro-fossile : « Drill, baby, Drill » (Forer, ma belle, forer), visant à relancer l’extraction d’hydrocarbures pour rendre les États-Unis « indépendants énergétiquement » et dominer les marchés mondiaux.

L’administration précédente avait imposé des restrictions environnementales, comme un moratoire sur les nouveaux terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) en 2024, justifié par des préoccupations climatiques. Trump inverse cela pour favoriser l’industrie pétrolière et gazière, qui a déjà fait des États-Unis le premier producteur mondial de pétrole (plus de 13 millions de barils par jour) et d’exportations de GNL.

Ce décret s’inscrit dans une vague plus large de 26 décrets signés le premier jour, inspirés en partie du « Projet 2025 » (un plan conservateur pour réformer l’administration fédérale). Il déclare explicitement un état d’urgence nationale lié à une prétendue « insuffisance » de production énergétique américaine, menaçant l’économie, la sécurité nationale et la politique étrangère.

Contenu principal du décret

Le décret vise à « libérer » les ressources énergétiques américaines des « régulations idéologiques » (c’est-à-dire les normes environnementales). Voici ses mesures clés :

  • Déclaration d’urgence : Les capacités actuelles de production, transport et raffinage d’énergie sont jugées « insuffisantes » pour soutenir l’économie, les standards de vie et la défense militaire. Cela permet d’accélérer les autorisations sans les habituelles évaluations environnementales approfondies.
  • Levée des restrictions sur le GNL : Annulation du moratoire de Biden sur les nouveaux terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié. Cela booste les exportations vers l’Europe (premier marché), aidant à réduire la dépendance au gaz russe post-invasion de l’Ukraine en 2022.
  • Promotion des énergies fossiles : Encouragement à l’extraction de pétrole et de gaz sur les terres fédérales (y compris dans les parcs nationaux), simplification des permis de forage, et relance de la fracturation hydraulique (fracking). Le décret cible aussi le charbon, avec des décrets ultérieurs (avril 2025) pour « doper » son extraction.
  • Rejet des considérations climatiques : Interdiction d’utiliser la « valeur sociale du carbone » (un outil pour évaluer les coûts climatiques des projets) dans les décisions d’investissement public. Cela ignore les émissions de gaz à effet de serre et favorise les énergies « abordables et fiables » (fossiles).
  • Autres impacts : Fin des aides à l’achat de véhicules électriques, révocation de l’objectif de 50 % de véhicules électriques d’ici 2030, et arrêt des projets éoliens offshore (accusés de perturber la faune marine, comme les baleines).

Impacts et réactions

  • Économiques et géopolitiques : Les partisans (comme le secrétaire à l’Énergie Chris Wright, ex-PDG de Liberty Energy, spécialiste du fracking) y voient un moyen de baisser les prix de l’énergie, créer des emplois et renforcer la sécurité nationale face à des « acteurs hostiles » (comme la Russie ou la Chine). Les exportations de GNL pourraient augmenter, profitant à l’industrie fossile (ExxonMobil, etc.).
  • Environnementaux : Critiqué par les écologistes comme un « recul majeur » contre la lutte climatique. Il accélère les émissions de CO₂, alors que les États-Unis sont le 2e émetteur mondial. Des observateurs notent qu’il n’y a « aucune urgence énergétique réelle » aujourd’hui, les États-Unis étant déjà exportateurs nets d’énergie.
  • Légaux : Certains aspects ont été bloqués, comme une initiative liée par le Government Accountability Office (un organe de contrôle du Congrès) en février 2025. Les décrets ne sont pas des lois et peuvent être contestés en justice.
  • Mondiaux : Ce décret s’accompagne d’un retrait (pour la seconde fois) de l’Accord de Paris sur le climat, qualifié d’ »escroquerie » par Trump. Cela isole les États-Unis du multilatéralisme climatique, au profit d’une « domination énergétique » fossile.

Pourquoi est-ce controversé ?

Ce décret incarne la vision « America First » de Trump : prioriser les industries traditionnelles et les emplois bleus contre les transitions vertes vues comme « idéologiques ». Pour les uns, c’est un coup de boost économique ; pour les autres, un risque pour la planète et les générations futures.

Des conférences comme CERAWeek (mars 2025 à Houston) ont servi de tribune pour défendre cette ligne, avec des ministres comme Wright et Doug Burgum (Intérieur) y exposant les détails.

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